L’Europe se prépare à des coupures de gaz

Kommersant

 
 
 
L’Union européenne se prépare sérieusement à connaître des perturbations dans ses fournitures de gaz russe et a l’intention, si besoin, d’instaurer une gestion manuelle du secteur d’après un document en possession du quotidien Kommersant, que le journal évoque mercredi 10 septembre.

L’Europe n’est pas encore prête à suspendre ses achats à Gazprom, mais elle prévoit à moyen terme de réduire sa dépendance envers les importations de gaz naturel grâce à l’acquisition de gaz naturel liquéfié (GNL) à prix comptant auprès d’autres fournisseurs. Toutefois, selon les experts, même dans ce cas le gaz coûterait plus cher aux Européens que celui qu’ils achètent aujourd’hui à Gazprom.

Le quotidien s’est procuré un projet de rapport sur la sécurité énergétique dans le secteur gazier préparé par le Conseil de l’UE – une suite de la stratégie pour la sécurité énergétique publiée au printemps dernier. Ce document suggère des mesures immédiates en cas de perturbation des fournitures du gaz russe cet hiver et décrit les approches à moyen terme pour assurer la sécurité des livraisons. Selon certaines informations, ce document sera examiné lors d’une réunion informelle des ministres de l’Energie de l’UE le 6 octobre, et les propositions formulées seront étudiées au sommet de l’UE du 17 au 21 octobre.

Dans l’ensemble, la stratégie de l’UE consiste à réduire sa consommation d’hydrocarbures (avant tout de gaz) en passant aux sources d’énergie renouvelables et en améliorant l’efficacité énergétique des pays membres. Sachant que l’idée du président du Conseil de l’UE, Donald Tusk, concernant la création d’une union énergétique s’est transformée en propositions plus concrètes, bien qu’elles ne soient pas si radicales. La Commission européenne compte analyser les options d’une « unification volontaire des acheteurs de gaz pour faire augmenter leur force marchande ». La Commission européenne doit également « contribuer » au passage à l’établissement des tarifs dans les contrats gaziers en fonction du marché spot, et non selon les cours pétroliers. Par ailleurs, le poste de vice-président pour le marché énergétique sera créé au sein de la nouvelle Commission européenne, qui sera probablement occupé par le Letton Valdis Dombrovskis.

Du point de vue des propositions, la stratégie de l’UE se concentre avant tout sur l’achat de GNL à des « nouveaux fournisseurs qui font leur apparition » et sur la réduction de la dépendance de l’Europe envers les livraisons de gaz par gazoduc par des contrats take-or-pay. Le problème de transit du gaz russe via l’Ukraine, qui a été la raison majeure de la rédaction de ce document, n’est mentionné qu’indirectement: il convient d’assurer une « transparence totale des conditions de transit via les gazoducs en dehors de l’UE », entreprenant des « actions coordonnées ». Aujourd’hui entre en vigueur la loi sur la réforme du système de transport de gaz ukrainien, et Kiev espère voir des compagnies européennes parmi les membres du consortium de gestion.

Selon Alexeï Grivatch, directeur général adjoint de la Fondation russe pour la sécurité énergétique nationale, l’Europe n’est pas prête aujourd’hui à suspendre les importations de gaz russe: si le transit via l’Ukraine était interrompu, le déficit gazier en cas de consommation maximale s’élèverait en Bulgarie à 7,5 millions de mètres cubes par jour (70% de la consommation journalière) et à 6 millions de mètres cubes par jour en Grèce (40%). Un consommateur aussi important que l’Italie pourrait couvrir la demande maximale uniquement en puisant au maximum dans ses réserves et grâce aux achats au maximum de gaz norvégien, dont les approvisionnements seraient difficiles à assurer sur une longue période. Alexeï Grivatch précise que ces estimations sont faites avec les données de l’hiver dernier, qui était plutôt doux. « Dans l’ensemble, ce document est contradictoire. D’une part, l’UE a l’intention de trouver des fournisseurs de gaz alternatifs. De l’autre, elle souhaite créer un cartel de consommateurs intérieurs », souligne l’expert. D’après ce dernier, l’Europe pourrait faire appel à des quantités significatives de GNL uniquement en augmentant les tarifs, qui sont aujourd’hui inférieurs de 40% à ceux pratiqués en Asie.

 relai : rianovosti

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